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Nos coups de coeur

Les bénévoles du CRIDEV et principalement les membres de la Commission Information, réalisent chaque mois des « coups de cœur » en donnant leur point de vue sur un ouvrage empruntable au centre de documentation.

Chaque mois, un ouvrage est mis en valeur pour vous donner envie !

Participez vous aussi, bénévole ou lecteur au CRIDEV ! Venez emprunter et donner votre avis !

 
 
 
 
 
 
COUP DE CŒUR du CRIDEV - Mois de Décembre 2015

Hollande l’africain, de Christophe Boisbouvier
Editions La Découverte
A défaut de pouvoir se glorifier de succès en matière de politique sociale, le président Hollande se targue d’avoir réussi sa politique étrangère et notamment sa politique africaine .
L’excellent ouvrage de C.Boisbouvier met en lumière la métamorphose de F. Hollande. Il montre que notre président n’avait guère montré d’intérêt pour l’Afrique. En tant que secrétaire du Parti socialiste il avait même évité de se prononcer et de s’impliquer dans les relations franco-africaines. Une prudence qui fleurtait avec le désintérêt et le manque d’engagement politique.
Et puis le Mali est arrivé et le président s’est mué en chef de guerre « sauveur de l’Afrique » dans sa lutte contre le terrorisme. Le livre analyse la politique de communication très élaborée mise en place pour justifier cet interventionnisme militaire.
C. Boisbouvier montre qu’en fait avec Hollande la rupture avec la « France Afrique » est loin d’être évidente même si sa politique est moins marquée par le clientélisme et l’affairisme de son prédécesseur.
On peut reconnaître à Hollande d’avoir pris ses distances avec le lourd passé de la France avec l’Afrique sauf sans doute sur le Rwanda, où l’influence souterraine d’H. Védrine, l’empêche de reconnaître les responsabilités de la France.
A l’heure de la COP 21, ce livre, ni éloge ni procès, permet de mieux comprendre l’importance que le président Hollande accorde désormais à l’Afrique .

COUP DE CŒUR du CRIDEV - Mois de Septembre 2015
Kililana Song de Benjamin Flao

Voici une épopée contemporaine au large du Kenya, dans l’archipel de Lamu, que Benjamin Flao porte poétiquement en mots et en dessins.
Sous forme de roman d’apprentissage, cette bande dessinée nous conte les pérégrinations de Naïm, un enfant de onze ans dans les rues d’un petit port du Kenya. Ses aventures le conduiront à côtoyer de pittoresques personnages plus ou moins honnêtes : touristes, prostituées, trafiquants, vieux shamans, pêcheurs, et nous font découvrir la vie quotidienne au Kenya.
Les coups de crayons de Benjamin Flao subliment ces histoires de vie parfois naïves ou pleines d’espoir, parfois difficiles et ingrates !
Le Tome 2 est également disponible au Cridev.

COUP DE CŒUR du CRIDEV - Mois de Décembre 2014
« Les nouveaux mondes », revue Vingt et un XXI
Automne 2014 / N°28

Cette excellente revue a choisi dans son numéro de l’automne 2014 de nous emmener vers les nouveaux mondes qui émergent de la globalisation. Sophie bouillon nous fait plonger dans la ville tentaculaire qu’est Lagos au Nigéria .La cinquième ville du monde (20 millions) bâtie sur des marais ne cesse de s’étendre. Grace au pétrole, de nouveaux quartiers vont être construits sur du sable et du béton sur des terres gagnées sur l’océan. Lagos, ville de la démesure et aussi de l’effervescence culturelle, fascinant.
Nous partons ensuite vers l’Equateur, dans la forêt au cœur du parc de Yasuni ou les dernières communautés indiennes de l’Amazonie sont sacrifiés sur l’autel du pétrole. La survie des peuples de la forêt est aujourd’hui sérieusement menacée.
Ensuite un exile retourne à Hanoi, au Vietnam pour retrouver les odeurs, les saveurs, les bruits de son enfance. Comment faire cohabiter deux mondes aussi différents, ce pays de l’enfance qui a beaucoup changé et ce pays (la France) qui l’a accueillit.
Dans cette même revue un entretien avec Malek Chebel, plein d’intelligence, sur l’islam.
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COUP DE CŒUR du CRIDEV - Mois de Novembre 2014
« Le thé ou l’électricité »
de Jean Le Maire DVD / 2012 / IOTA production et perspective films

Jean Le Maire nous emmène à Irfi, village isolé du Haut Atlas marocain. Le village aurait bien besoin d’une route pour faire venir médecin, instituteur ou produits de première nécessité. Mais la fée électricité, promesse de développement semble s’inviter en premier…. Durant trois ans, au fil des saisons, la caméra pénètre dans les foyers et nous fait partager quelques instants du quotidien. Nous suivons ainsi l’implication et les doutes des habitants au fur et à mesure de l’avancée du projet. Au-delà de l’émotion, ce film interroge sur les bienfaits et l’impact de la modernité.

 
 
 
 
 
 

COUP DE CŒUR du CRIDEV - Juillet / Août 2014
« Médiacritique(s) »
Acrimed / Janvier-Mars 2014 / N°10

Vous connaissez l’information mais connaissez-vous la méta-information ? ...
C’est ce que fait le magazine « Médiacritique(s). Il analyse l’information et met en évidence le choix des mots, des images, des intervenants.
En particulier le dossier de janvier-mars montre comment ont été détournées les problématiques écologiques. Ainsi le consumérisme vert, les prouesses techniques porteuses de développement économique et le « ravissement » de la nature sont célébrés dans les médias sans que la question des raisons aux désordres environnementaux ne soit posée. Des personnalités sont désignées comme expertes sans réelle qualification tandis que d’autres sont mises à l’écart… Ce travail s’appuie sur de nombreux exemple tirés de la presse écrite et audio-visuelle. Il contient une vraie Valeur Ajoutée, celle de l’intelligence et ça fait du bien !

 
 
 
 
 
 

COUP DE CŒUR du CRIDEV - Mois de juin 2014
« Jujube »
d’Anne Wilsdorf / Editions kaleidoscope
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J’ai maintes fois emprunté ce livre pour le raconter à mes petits enfants. Chaque fois, ce fut un grand plaisir des éclats de rire assurés !! Observer chaque détail des dessins, des expressions comiques des personnages et…des animaux, fut un vrai régal. C’est un livre aux couleurs chatoyantes, plein d’imagination retraçant les couleurs africaines de la famille : entraide et implication familiale pour perfectionner une robe, un berceau…chaque personne a un rôle spécifique. A noter aussi les rélfexions très réalistes et pittoresques, notamment sur la tante Drosera ! L’histoire avance crescendo et le bébé se trouve de plus en plus intégré dans la famille qui s’investit de plus en plus auprès du bébé. Tout est bien qui fini bien ! N’hésitez pas à l’emprunter, le raconter, le proposer, c’est un vrai plaisir !

Mamie Danielle, Bénévole au Cridev
 
 
 
 
 
 

COUP DE CŒUR du CRIDEV - Mois de Mai 2014
« Le meilleur coin des Amériques »
de Daniel Vin et Alexandra Lefevre. DVD / 2008 / Ecole de la paix

Ce film produit par « l’Ecole de la Paix » résume très bien le contexte politique et social d’un pays qui est en guerre depuis plus de 60 ans, la Colombie. Ce documentaire nous aide à comprendre le lien entre tous les éléments, sources de violence, tel que le déplacement forcé, la culture de l’huile de palme, ses conséquences environnementales, la déforestation, le soutien du gouvernement au secteur agro-industriel, la montée des paramilitaires, etc.
Il explique aussi les conséquences du déplacement forcé. Plus de 40 000 paysans ont été expulsés de leurs terres. Ces personnes sont la plupart du temps issues des peuples noir ou indigènes.
L’expulsion de leurs terres les mène souvent en ville, où ils sont marginalisés. Ils perdent leur savoir faire et ceci met en danger leur autonomie en tant que travailleur paysan et leur mode de vie habituel.
Néanmoins, les afro-colombiens, les indigènes, les paysans et la société civile engagés ne perdent pas l’espoir et créent les « communautés de paix », des lieux qui se déclarent pacifistes et contre tout type de groupe armé, que ce soit de droite ou de gauche. Un lieu où ces personnes s’installent pour trouver la force et essayer de retrouver leur ancienne vie, malgré les risques.

Paula Sanabria, Serice civique

 
 
 

COUP DE CŒUR du CRIDEV - Mois d’ Avril 2014
« Transportés ….d’une culture à l’autre » de MICHALON Clair / Editions SEPIA France

« Une voiture m’a déposé presque devant le poste frontière. Le chauffeur m’avait recueilli à la sortie d’Oran et me voici maintenant à dix mètres du Maroc. Nouvelle frontière, nouveau pays, nouvelles habitudes : chacune de ces nouveautés justifie le voyage. »Tantôt en train, en autobus, en cyclomoteur, en voiture ou même en pousse-pousse, Clair Michalon nous emmène à la rencontre de l’inattendu, de l’improbable et du tellement différent de chez nous. En dix-huit histoires, il nous permet de traverser les frontières des cultures et ouvre encore plus grand notre regard vers l’Autre. Alors prêt à partir ? Le billet de transport est disponible au Cridev.

Agnès Dionay, bénévole documentation

 
 
 

COUP DE CŒUR du CRIDEV - Mois de Mars 2014
« La era del buen vivir » de A. Dehasse et J. Verhoeven et L. Dehasse / Quinoa ASBL, 2011

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Guatemala, 2010. Dans un contexte de système économique néolibéral où les difficultés d’accès à la terre, le pillage des ressources naturelles, la globalisation de la société de consommation, la destruction des écosystèmes et l’impact du réchauffement climatique menacent la survie des communautés mayas et leur souveraineté alimentaire, des acteurs citoyens proposent d’autres voies de développement rural. Ces dynamiques locales se veulent ancrées dans l’identité culturelle du peuple maya et dans les liens communautaires, en harmonie avec la terre et porteuses d’autonomie. Ce documentaire veut mettre en valeur ces initiatives qui offrent des solutions pour la souveraineté alimentaire des paysans guatémaltèques : protection des semences de variétés anciennes, formation de promoteurs communautaires en agroécologie, promotion de systèmes d’agroforesterie hérités de la civilisation maya, lutte collective pour l’accès à la terre...

Le principal atout de ce film est sans conteste la richesse des thèmes abordés, qui participent à la définition de la problématique de la souveraineté alimentaire. Le message est clair sans être culpabilisateur. Le tout est habilement articulé avec les thèmes relatifs au respect de la diversité culturelle et du droit des peuples à définir, selon un schéma démocratique (accordant une place importante aux femmes), leur modèle de développement humain et durable. La vision des mayas change de référentiel, au-delà du constat et des alternatives concrètes, se dessine aussi une toute autre conception du développement que celle imposée par l’Occident aux peuples indigènes.

 
COUP DE CŒUR du CRIDEV - Mois de Février 2014
« Le syndrome pakistanais » de Jaffrelot Christophe / Edition Fayard , 2013
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Ce livre n’incitera sans doute pas à aller se promener au Pakistan mais il nous livre un éclairage minutieux du syndrome pakistanais. Pour l’auteur, ce syndrome repose sur trois tensions majeures : La première c’est la difficile construction d’un état unitaire alors que le Pakistan est né d’un divorce violent avec l’Inde et résulte de l’amalgame de provinces ethniquement fortement différenciées. La deuxième c’est la contradiction entre la faible culture démocratique des élites et l’aspiration des pakistanais à plus de démocratie et à moins d’inégalités. La troisième c’est le clivage entre des conceptions concurrentes de l’islam (Sunnites versus Chiites) et la montée en puissance du Jihadisme et du Talibanisme. Ces tensions expliquent l’alternance des régimes militaires et civils sans que les uns soient forcement plus démocratiques que les autres. Malgré les dangers qui menacent l’unité du Pakistan, l’auteur souligne la capacité de la société pakistanaise à défendre la démocratie à travers le combat des juges, des médias ou des ONG. Un livre nécessaire et bien écrit pour comprendre les enjeux géopolitiques de cette région.
Kevin Duparc

 

COUP DE CŒUR du CRIDEV - Mois de Janvier 2014
Sozaboy (Pétit minitaire) » de Ken SARO-WIWA / Editions Actes Sud, 1998

Méné, jeune apprenti chauffeur, originaire de Doukana, est un jeune homme simple qui ne cherche qu’à être apprécié des siens, sa mère, son patron, les anciens et de celle qui deviendra sa femme, Agnès. Par amour pour celle-ci, il devient « Pétit minitaire » et se trouve embarqué dans un conflit -la guerre civile nigériane- qu’il ne comprend pas. Il découvre le bruit des armes, la fureur des bombardements, la peur, la mort, la corruption, la trahison mais aussi les camps de réfugiés, la famine et les profiteurs.Sans les juger ni les analyser, il décrit les souffrances, les brimades, les privations, les magouilles et les compromissions qui le mènent à la désertion et à la fuite. La réalité dès lors apparaît dans sa nudité et son horreur. Ce roman tient sa force de ce point de vue faussement naïf mais aussi de la langue choisie par Ken Saro-Wiwa : un « anglais pourri » (rotten english) mélange de pidgin, d’anglais dégradé ou idiomatique, d’emprunts aux langues nigérianes et de créations originales dont la traduction française rend parfaitement compte.L’innocence du héros, son dénuement, son optimisme parfois absurde — l’auteur manie avec une redoutable précision la dérision et un humour percutant — font de ce roman une œuvre originale, profondément bouleversante, l’une des plus efficaces dénonciations de la guerre et de ses folies.

 
COUP DE CŒUR du CRIDEV - Mois de décembre 2013
« PYONGYANG » de Guy DELISLE / Editions de l’Association. 2003.

Guy Delisle a pris la belle habitude de raconter ses expériences personnelles à l’étranger au travers de récits dessinés. Après Shenzen, et avant des chroniques Birmane et de Jérusalem, l’auteur s’attarde sur un emploi occupé en Corée du Nord, à Pyongyang précisément, pour nous narrer son séjour sur place. Recruté pour coordonner la réalisation de films d’animation, en particulier les dessins qui permettront leurs aboutissements, il fait face à des travailleurs n’ayant pour le moins pas la même culture du travail. Le décalage entre les modes de vie coréen et occidentaux est montré comme abyssal. Le mode de retranscription de l’auteur nous met face à ses incompréhensions, ses agacements, ses surprises et ses bonheurs aussi. Sans jamais mal juger les coréens, mais jouant de toutes les différences, le récit est humoristique. L’auteur ne se prend pas au sérieux, ce qui rend son parcours attachant. Si vous avez envie de connaître les joies d’un hôtel nord-coréen, foncez !
Fabien TOULEMONDE, bénévole au Cridev

 

COUP DE CŒUR du CRIDEV - Mois de novembre 2013
« Memoires de porc-épic » d’ Alain Mabanckou / Editions Points – 2007

Qui a peur du grand méchant porc-épic ? A moins que ce ne soit de l’Homme qu’il faille avoir peur... Le porc-épic d’Alain Mabanckou est le double de Kibandi, son double « nuisible » qui lui permet de tuer au gré de ses ambitions et de ses frustrations. Le double nuisible accompagne son maître jusqu’à la mort. Ici, contre toute attente, il lui survit au prix d’un cruel témoignage sur l’animalité de l’homme et l’humanité de l’animal. Mémoires de porc-épic interpelle par son réalisme lucide et son déterminisme poétique. La lecture est vivante et inattendue, elle est aussi aisée et fluide (peut-être grâce à cette étonnante absence de points entre les phrases... qui pourra, tout autant, déconcerter certains).

Le roman parle d’Afrique, indubitablement. De ses rites de passage, de ses rapports de force. Mais, Mémoires de porc-épic est avant tout une fable où l’homme, l’animal et l’enfant se croisent et se toisent dans un chassé-croisé où les cartes se brouillent, où l’on ne sait plus qui est juste, qui est bestial, qui est coupable, qui est victime. Face à l’envie et au meurtre, c’est l’empathie et la peur de la mort que l’on retient et qui font d’un petit animal à quatre pattes, pourtant frappé par une fatalité mortifère, le garde-fou de notre humanité.


Mémoires de porc-épic a reçu le prix Renaudot 2006.
Emilie Taloudec, bénévole en Documentation

 
COUP DE CŒUR du CRIDEV - Mois d’octobre 2013
Coup de cœur vidéo du CRIDEV « La légende de la terre dorée » ,de Stéphane Brasey,Artémis films

Ce documentaire de Stéphane Brasey nous emmène dans l’état de Para au sud de l’Amazonie Brésilienne, là où des milliers d’ouvriers agricoles affluent de tout le pays pour chercher du travail sur les immenses exploitations d’élevage bovin. Mais ils sont vite pris en otages par un système d’endettement mis en place par les grands propriétaires terriens, qui consiste à louer au prix fort chaque outil, chaque équipement utilisé par les travailleurs. Nourris avec de la viande avariée et vivant dans des conditions déplorables, ils se retrouvent rapidement travailleurs esclaves et ne peuvent s’enfuir par manque d’argent et par peur des représailles. Face au cynisme des grands exploitants (et exploiteurs) agricoles, un prêtre et avocat Français se bat aux cotés des paysans sans terre réduits en esclavage, en interpellant les autorités Brésiliennes qui commence doucement à réagir. Aujourd’hui le gouvernement Brésilien estime qu’il y a entre 25000 et 40000 travailleurs esclaves dans l’état du Para. Ce documentaire montre la face cachée de l’essor économique Brésilien et nous amène à réfléchir sur notre propre responsabilité en tant que consommateur.
Kévin Duparc, Bénévole en Documentation

COUP DE CŒUR du CRIDEV - Mois de septembre 2013
« Transwonderland,retour au nigeria » de Noo Saro Wiwa, Editions Hoëbeke

Retour au pays ,si proche et si lointain.
Depuis l’assassinat de son père ,Ken saro-Wiwa pendu par les militaires en 1995,Noo Saro-Wiwa n’était pas retournée au Nigéria sauf pour de brefs passages . Entre l’immense désordre urbain de Lagos et les splendides montagnes de l’Est, son périple va lui permettre de rencontrer toutes les facettes de son pays.
Et de découvrir que le Nigeria est un immense gâchis tant l’importance de ses richesses ne profite qu’a un petite minorité de ses habitants.les principaux accusés sont les politiciens nigerians véreux « qui volent le pays depuis 50 ans » . Le pétrole , corne d’abondance du Nigeria est aussi une malédiction qui provoque d’énormes dégâts environnementaux.La difficulté du vivre ensemble de ce pays de 160 millions d’habitants aux particularités religieuses, culturelles multiples est, pour l’auteur, à la fois une richesse et un défi. Le portrait du Nigéria est donc assez noir mais il est contrebalancé par un inventaire des multiples énergies qui irriguent ce pays au travers notamment de sa prodigieuse vitalité culturelle (musique, cinema, littérature,etc ..). Ce livre, porté par une écriture limpide, est une magnifique invitation à découvrir le Nigéria.


De Yves Thébault

COUP DE CŒUR du CRIDEV - Mois de Juin 2013
« ARGENTINE REBELLE, UN LABORATOIRE DE CONTRE-POUVOIRS » de Daniel Hérard et Cécile Raimbeau / Editions Alternatives 2006

Avant-propos, cinq chapitres, une conclusion, de larges photographies : loin d’être convenu, ce beau livre en format paysage est une mine d’or et d’espoir retraçant l’exemplarité d’une poignée d’Argentins dans leurs initiatives de survie individuelle et de lutte collective.
Certes, ils ne sont pas majoritaires, ces lutteurs, ces rêveurs, ces militants du quotidien. David contre Goliath. Mais pour autant... Réanimation des services publics, récupération de l’outil de travail, revitalisation des systèmes de troc, autogestion, mobilisations sociales, organisations solidaires... leurs initiatives sont repérées comme autant de réponses à la violence institutionnelle qui leur est faite, celle des États qui se soumettent aux exigences d’accumulation, d’accaparement et de rentabilité, au mépris des peuples.
Leurs luttes sont pourtant loin d’être idylliques, certaines ont échoué. Ici pas d’hagiographie, mais un compte rendu très documenté (repères historiques, témoignages, multiplicité des sources) grâce à la minutie sincère des deux auteurs qui tiennent à parler de ce et de ceux dont on ne parle pas. De ceux qui veulent changer les choses d’en bas « pour mieux rester rebelles ».
Plus qu’illustrer le propos des auteurs, les photographies interprètent, parlent et illuminent d’un noir et blanc presque mystique les hommes et femmes qui s’organisent localement face à la perte d’emploi et de logement, face à la faim, l’exclusion, la répression policière, les restrictions d’accès à leurs comptes bancaires, la surdité des autorités représentatives... Ca vous rappelle quelque chose ?
« Voici donc l’histoire de la rébellion de citoyens qui nous ressemblent, en réaction à des crises qui nous menacent. ». Ce livre date de 2006. Ces crises touchent désormais l’Europe, les mêmes causes emportant les mêmes effets. Encore une fois, l’Amérique latine se fait laboratoire : elle l’a été pour le pire, elle doit l’être aujourd’hui pour le meilleur. Abreuvons-nous de cette inspiration argentine pour comprendre ce qui nous arrive... et lutter.
Emilie , bénévole en Documentation.

 

COUP DE CŒUR du CRIDEV Mois de Mai 2013
« Silence Turquoise : Rwanda, 1992-1994 : Responsabilités de l’Etat Français dans le génocide des Tutsi » Laure de Vulpian et Thierry Prungnaud / Editions Don Quichotte, 2012

Depuis 1994, la responsabilité de l’Etat Français dans le génocide au Rwanda est questionnée.
Ce livre porte surtout sur l’opération militaro-humanitaire « turquoise » déclenchée en juin 1994 pour porter secours aux populations menacées.Pour beaucoup de responsables politiques (de gauche comme de droite) et militaires l’opération turquoise a sauvé l’honneur de la France.
Certes l’Etat Français s’est lourdement trompé en soutenant pendant de nombreuses années une dictature et en armant les futurs génocidaires mais en provoquant cette intervention « humanitaire », il a empêché beaucoup de massacres.
La réalité est moins brillante et c’est là qu’intervient le témoignage de Thierry Prungnaud, figure du GIGN, et envoyé au Rwanda en ce mois de juin 1994. Ce militaire ne connaissait rien de ce pays sauf les clichés anti-tutsi délivrés par l’armée française. Confronté à la réalité des massacres, il ne va pas comprendre l’attitude passive de ses supérieurs hiérarchiques et essayer avec quelques autres d’accélérer la protection des populations en danger.
Thierry Prungnaud doit intervenir autour de la fameuse colline de Bisesero où pour certains l’armée française n’a pas tout fait pour arrêter les massacres. Et son témoignage confirme que les hauts responsables militaires aveuglés par leur positionnement anti-tutsi ne se sont pas précipités pour sauver du massacre des centaines de rescapés.
Ce livre souligne la faillite de certains hauts responsables militaires et politiques qui aujourd’hui encore continuent de refuser de voir la vérité. Ainsi Hubert Védrine, toujours drapé dans ses certitudes, est incapable de reconnaitre ses erreurs d’analyse et celles de l’Etat Français. Le déshonneur de l’état français est sauvé par ces militaires qui en désobéissant ont essayé de rétablir l’honneur de l’armée et de la France.
Yves Thébault, bénévole en Documentation.